Ebauche de scénario  -   Michel Cousin Info

 

— Nous aurions dû faire un enfant, dit-elle.
— Pourquoi ? demande-t-il sans réel intérêt pour la réponse. Pour le regretter aujourd’hui, comme tu sembles le suggérer ? Ou au contraire t’en réjouir parce que je n’en voulais pas ?
— Arrête ! Tu ne supportais pas les enfants.
— C’est bien ce que je dis.
— Tu me voulais pour toujours le ventre plat.
— Ne t’inquiète donc pas de tes kilos en trop. Depuis plusieurs années j’en fais mon affaire. Si on buvait quelque chose ?
— Une bière, comme d’habitude ?
— Comme d’habitude, une bière.
— Ah oui ! Un verre chacun, une bière pour deux.
— Exactement.
— Tu ne voudrais pas boire dans mon verre et lire dans mes pensées, n’est-ce pas ?
— Je les connais toutes, sans ce stratagème.
— Par exemple ?
— Tes goûts, tes idées, tes manies… À la longue, nos goûts, nos idées, nos manies ont fini par décalquer l’un sur l’autre.
— Qui copie sur l’autre ? Toi ou moi ?
— Plus simple ! Nous sommes un même dessin, infiniment répété, mais avec une petite différence de l’un à l’autre. Quand tous ces dessins, reliés par des années de pratique, défilent en accéléré, on discerne un mouvement. Mais on n’en voit pas l’intérêt.
— Avancer, tout simplement, dit-elle, énigmatique.
— Je vois, répond-il, rêveur. Tu recherchais, tu recherches encore la durée.
— Tu sais pourquoi je ne t’ai jamais quitté ?
— Pardon ! Tu as fait ta valise une dizaine de fois.
— Tu exagères ! Seulement deux fois pour de vrai.
— Peut-être…
— Non, sûrement ! D’ailleurs, je laissais mes affaires. C’est révélateur, non ? C’est comme si je partais en voyage.
— Dont un voyage de deux ans…

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— Nous aurions dû faire un enfant, dit-elle.
— Pourquoi ? demande-t-il sans réel intérêt pour la réponse. Pour le regretter aujourd’hui, comme tu sembles le suggérer ? Ou au contraire t’en réjouir parce que je n’en voulais pas ?
— Arrête ! Tu ne supportais pas les enfants.
— C’est bien ce que je dis.
— Tu me voulais pour toujours le ventre plat.
— Ne t’inquiète donc pas de tes kilos en trop. Depuis plusieurs années j’en fais mon affaire. Si on buvait quelque chose ?
— Une bière, comme d’habitude ?
— Comme d’habitude, une bière.
— Ah oui ! Un verre chacun, une bière pour deux.
— Exactement.
— Tu ne voudrais pas boire dans mon verre et lire dans mes pensées, n’est-ce pas ?
— Je les connais toutes, sans ce stratagème.
— Par exemple ?
— Tes goûts, tes idées, tes manies… À la longue, nos goûts, nos idées, nos manies ont fini par décalquer l’un sur l’autre.
— Qui copie sur l’autre ? Toi ou moi ?
— Plus simple ! Nous sommes un même dessin, infiniment répété, mais avec une petite différence de l’un à l’autre. Quand tous ces dessins, reliés par des années de pratique, défilent en accéléré, on discerne un mouvement. Mais on n’en voit pas l’intérêt.
— Avancer, tout simplement, dit-elle, énigmatique.
— Je vois, répond-il, rêveur. Tu recherchais, tu recherches encore la durée.
— Tu sais pourquoi je ne t’ai jamais quitté ?
— Pardon ! Tu as fait ta valise une dizaine de fois.
— Tu exagères ! Seulement deux fois pour de vrai.
— Peut-être…
— Non, sûrement ! D’ailleurs, je laissais mes affaires. C’est révélateur, non ? C’est comme si je partais en voyage.
— Dont un voyage de deux ans…

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