Croisière  -   Pierre Ernoult Info

 

Il y a dans la nuit une grande explosion. Après un bref instant de silence, de nombreux cris jaillissent. Des cris de peur, d’angoisse, d’hystérie, peut-être des cris de douleur aussi.

Jacques Galien, qui dort dans sa cabine, comprend rapidement l’importance de la catastrophe. Il a l’impression que ses jambes s’élèvent, puis il sent son sang refluer vers sa tête. Le bateau prend une gîte tribord plus qu’inquiétante. D’un bond, il se lève pour rejoindre la porte de sa cabine avant qu’elle ne soit impossible à atteindre. Lorsqu’il ouvre la porte, il reçoit un énorme coup dans l’estomac. Sa respiration est coupée.
Un homme dans le couloir a manqué de tomber sur lui alors qu’il prenait appui sur cette porte maintenant presque à l’horizontale. Son pied a heurté Jacques Galien. L’homme grommelle quelques excuses et s’en va. Sans même reprendre son souffle, Jacques Galien finit de se hisser hors de sa cabine. Le couloir est plongé dans le noir. Seule une lumière de secours, placée à dix mètres de là, annonce la présence d’un escalier. La progression est très lente. L’étroit passage est rempli de personnes affolées. Elles essaient de conserver leur équilibre sur des plans qui s’inclinent toujours plus.

Jacques Galien ne prête pas attention à ces cris, ni à ceux des femmes et des enfants maintenant coincés dans leurs cabines. Ceux qui sont situés sur le côté droit du couloir ne peuvent pas remonter. Les portes ouvertes de leurs cabines deviennent autant de trappes dans lesquelles certains s’effondrent dans des hurlements terrifiants. Les occupants des cabines du côté gauche sont eux incapables de soulever une porte enfouie sur les lits jetés pêle-mêle sur le mur. Jacques Galien se fraye son chemin en piétinant des corps inconscients ou déjà sans vie.

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Il y a dans la nuit une grande explosion. Après un bref instant de silence, de nombreux cris jaillissent. Des cris de peur, d’angoisse, d’hystérie, peut-être des cris de douleur aussi.

Jacques Galien, qui dort dans sa cabine, comprend rapidement l’importance de la catastrophe. Il a l’impression que ses jambes s’élèvent, puis il sent son sang refluer vers sa tête. Le bateau prend une gîte tribord plus qu’inquiétante. D’un bond, il se lève pour rejoindre la porte de sa cabine avant qu’elle ne soit impossible à atteindre. Lorsqu’il ouvre la porte, il reçoit un énorme coup dans l’estomac. Sa respiration est coupée.
Un homme dans le couloir a manqué de tomber sur lui alors qu’il prenait appui sur cette porte maintenant presque à l’horizontale. Son pied a heurté Jacques Galien. L’homme grommelle quelques excuses et s’en va. Sans même reprendre son souffle, Jacques Galien finit de se hisser hors de sa cabine. Le couloir est plongé dans le noir. Seule une lumière de secours, placée à dix mètres de là, annonce la présence d’un escalier. La progression est très lente. L’étroit passage est rempli de personnes affolées. Elles essaient de conserver leur équilibre sur des plans qui s’inclinent toujours plus.

Jacques Galien ne prête pas attention à ces cris, ni à ceux des femmes et des enfants maintenant coincés dans leurs cabines. Ceux qui sont situés sur le côté droit du couloir ne peuvent pas remonter. Les portes ouvertes de leurs cabines deviennent autant de trappes dans lesquelles certains s’effondrent dans des hurlements terrifiants. Les occupants des cabines du côté gauche sont eux incapables de soulever une porte enfouie sur les lits jetés pêle-mêle sur le mur. Jacques Galien se fraye son chemin en piétinant des corps inconscients ou déjà sans vie.

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